• Antoine de Jerphanion

Conseil municipal du 17/12/20 : compte-rendu

Les principaux points à retenir :

- Il s'agissait du cinquième conseil municipal du mandat.

- 33 délibérations étaient inscrites à l'ordre du jour dont une très grande majorité portait sur des affaires courantes.


- Le fonds pour la culture présenté par la majorité n'a rien d'exceptionnel, les mesures prévues sont réalisées quotidiennement par toutes les grandes mairies de France ! Vous retrouverez mon intervention, dans laquelle je présente mes propositions, au bas de cet article.


- Notre proposition de voter l'exonération des taxes sur toutes les terrasses des restaurants et commerces de Boulogne-Billancourt pendant un an a encore été refusée ! La mairie préfère un système bureaucratique qui n'offre aucune visibilité aux commerçants et aux restaurateurs. Vous retrouverez mon intervention au bas de cet article.


- Nous avons demandé de pouvoir consulter l'organigramme fonctionnel de la mairie et connaitre la répartition des agents dans les directions. Le maire et son adjointe chargée du personnel communal ont refusé !


- Enfin, avec les élus de mon groupe, nous étions les seuls à rendre hommage à deux grands Boulonnais qui nous ont quittés récemment : Christophe Dominici et Gérard Houllier. Ni le maire ni son adjointe chargée des sports, n'ont prononcé un mot pour eux. Indigne.


Pour découvrir les autres délibérations,

vous pouvez télécharger l'ordre du jour ici :

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Mon intervention sur le fonds culture :

"Si l’on regarde le détail des actions prévues, très franchement je ne vois pas le caractère exceptionnel.

Ce sont des actions que la Ville devrait faire non seulement depuis longtemps, mais aussi en temps ordinaire, au-delà de la crise sanitaire et économique.


Je voudrais donc vous faire part de deux pistes, qui elles, pourraient en revanche revêtir un caractère exceptionnel.

La première serait de repenser la réouverture du théâtre de l’Ouest parisien de Boulogne-Billancourt, que vous avez fermé en 2015.

Ce qui serait si exceptionnel et si nécessaire serait de retrouver une scène théâtrale digne de notre ville, avec la possibilité pour les artistes locaux d’exprimer leurs talents dans des lieux remarquables.


Enfin, ce qui serait si exceptionnel et si nécessaire, Monsieur le Maire, mes chers collègues, serait de faire enfin le pari de la culture, avec une politique culturelle qui se construirait dans le temps et avec des objectifs clairs et ambitieux, tout en impliquant l’ensemble des acteurs, qu’ils soient publics ou privés.


Donc ces effets d’annonce à courte vue et électoraliste n’ont pas beaucoup d’intérêt. Je regrette d’ailleurs que vous ayez annoncé triomphalement cette modeste mesure dans le BBI, alors que vous n’avez pas écrit une seule ligne sur la subvention pharaonique que vous avez votée le 1er octobre dernier pour l’équipe de basket-ball de Levallois-Perret.

Nous allons malgré tout voter, une fois encore, cette délibération, en regrettant votre manque d’ambition pour notre ville – qui, je le rappelle, est la première ville d’Ile-de-France après Paris –, et en nous disant « c’est mieux que rien ! ».




Mon intervention sur les mesures d'aides aux commerçants et restaurateurs Boulonnais pour faire face à la crise économique :


"Nous devons sortir de cette précision démocratique, qui consiste à dire à nos commerçants et à nos restaurateurs qu’ils ne paieront rien entre telle et telle date, mais qu’ils paieront entre celle-ci et celle-là alors que leur chiffre d’affaires est en forte baisse.

Cette délibération rappelle en effet cette classification bureaucratique et administrative, entre les commerces essentiels et les commerces non essentiels.


Je rappelle que nous traversons une crise économique qui va s’intensifier dans les prochains mois, et qui laissera beaucoup de nos concitoyens et d’entrepreneurs sur le carreau. En temps de crise, les pouvoirs publics doivent prendre les décisions qui s’imposent pour sauver l’activité économique et assurer les recettes fiscales futures.


Il est donc enfin temps de faire le tri entre les dépenses publiques essentielles, comme l’exonération de cette redevance pendant un an que nous vous avons proposée lors du Conseil municipal du 1er octobre dernier et que vous avez refusée, et les dépenses publiques non essentielles, comme cette subvention de plus d’un million d’euros à l’équipe de basket-ball de Levallois-Perret et la construction de son stade de plusieurs dizaines de millions d’euros.


Gouverner, c’est choisir, rappelait Pierre Mendes-France. Nous choisissons pour notre part le soutien aux entreprises et aux commerces durement atteints, afin de préserver la qualité de vie de nos quartiers et assurer la pérennité des recettes fiscales, et non servir des intérêts étrangers aux Boulonnais, qu’ils payent déjà très chers avec leurs impôts.




Mon intervention sur le projet de stade de Basket à 72 millions d'euros et de soutien à l'équipe de Levallois pour plus de 2 millions d'euros par an


Puisque je vais parler de sport, j’aimerais juste avoir une pensée émue pour Gérard HOULLIER et Christophe DOMINICI, deux Boulonnais qui nous ont quittés depuis le dernier Conseil municipal. Je pense en effet qu’il est important d’avoir une pensée pour eux et pour leurs proches en ce dernier Conseil de l’année.



Cette délibération n’est pour nous ni faite ni à faire, tout simplement parce que vous n’avez pas été élu pour cela.


PREMIÈREMENT : PROMESSE NON TENUE

Vous n’avez pas été capable de tenir votre promesse validée par les Boulonnais de construire un Palais omnisport sur l’ile Seguin. Et pourtant, vous vous réjouissez d’avoir eu recours à un juge administratif pour faire adopter un autre projet, qui, visiblement ne rassemble toujours pas les Boulonnais.


J’ai d’ailleurs sur ma table – et je les tiens à votre disposition –, vos promesses électorales de mars 2020, et vous n’y assumez même pas la construction de ce stade en plein cœur de ville. C’est écrit noir sur blanc.


DEUXIÈMEMENT : UNE DÉPENSE PHARAONIQUE AVEC L'ARGENT PUBLIC

Monsieur le Maire, vous avez le droit d’être passionné de basket-ball, et vous avez le devoir de soutenir les clubs boulonnais. En revanche, vous n’avez pas le mandat d’utiliser l’argent du contribuable pour acheter et subventionner l’équipe de basket-ball de Monsieur BALKANY.

Vous avez dit dans la presse que « le sport est le point noir de Boulogne-Billancourt ». Les sportifs de l’ACBB (Athlétic club de Boulogne-Billancourt) et des autres clubs apprécieront.

D’autre part, vous avez aussi dit dans la presse que vous souhaitiez « un truc de fou ». Et bien mes chers collègues, nous y sommes.

Plutôt que de soutenir le sport boulonnais, vous avez – j’allais dire comme un oligarque russe qui n’utilise pas sa fortune personnelle mais l’argent public –, acheté l’équipe professionnelle de basket-ball de Levallois-Perret, et décidé non seulement de lui accorder des subventions pharaoniques tous les ans, mais en plus de lui construire un stade, alors que notre ville est bordée d’équipements sportifs professionnels, comme le stade Pierre de Coubertin ou encore Roland Garros.

Roland Garros, d’ailleurs, dont vous aviez critiqué la rénovation en condamnant cette « primauté du sport business sur le sport amateur ».

Donc, pour la cohérence du discours politique et du respect des électeurs, on repassera.


Mon dernier point concerne ce que nous ferions avec 70 millions d’euros, et 2 millions d’euros d’argent public par an.

Et bien mes chers collègues, nous respecterions les promesses électorales que vous aviez faites, mais que vous n’avez pas tenues.

Ce non-respect d’ailleurs des promesses électorales avait motivé notre candidature, avec ma liste aux dernières élections municipales.

Voici donc ce que nous ferions avec plus de 70 millions d’euros d’argent public :

- Premièrement, nous rénoverions le commissariat. Certes, j’ai bien noté que le ministre de l’Intérieur était venu à Boulogne-Billancourt il y a quelques semaines, et que vous aviez pris une belle photo ensemble. Cependant, avez-vous parlé de la rénovation urgente du commissariat, car cela n’était pas indiqué sous la photo bien affichée dans le BBI ?

- Autre projet avec ces 70 millions d’euros, la rénovation du marché Billancourt. Je crois que c’était une promesse que vous aviez faite en 2008 et que vous aviez peut-être renouvelée en 2014. Vous pourriez d’ailleurs utiliser la parcelle en question pour déplacer provisoirement le marché pendant quelques mois, le temps des travaux, puisqu’il se situe à quelques centaines de mètres. Cela pourrait sans doute faire l’affaire.

- Le dernier projet, qui je crois n’était pas une de vos promesses électorales, concerne évidemment la réouverture du théâtre de l’Ouest parisien, que vous aviez fermé je crois pour des raisons budgétaires. Autrement dit, il n’y avait pas d’argent pour maintenir le théâtre de l’Ouest parisien mais il y en a, en revanche pour payer l’équipe de basket-ball de Levallois-Perret !


Enfin, les 2 millions d’euros annuels que Boulogne-Billancourt versera à cette équipe de basketball, nous les utiliserions pour conduire une réelle politique du sport dans toutes ses composantes (sport plaisir, sport amateur et sport professionnel), en encourageant notamment la professionnalisation d’une ou plusieurs sections de l’ACBB, club qui a déjà porté notre ville au haut niveau et qui fait la fierté de tous les Boulonnais.

Je vous remercie."

Mon intervention sur l'offre de santé à Boulogne-Billancourt et le développement réel de la désertification médicale :


Vous le savez, le sujet de l’offre de santé à Boulogne-Billancourt est particulièrement préoccupant, et ce, depuis de nombreuses années.

Je m’étonne que vous ne vous saisissiez que seulement maintenant de cette problématique. Vous avez donc passé des années à vous féliciter du nombre de médecins implantés à Boulogne-Billancourt, alors que – pardon – vous n’y êtes pas pour grand-chose.

J'ai appris par ailleurs que notre collègue Claude Rocher allait partir en retraite. Je lui souhaite donc une bonne retraite.

Vous réalisez enfin qu’il y a peut-être un petit sujet. Cependant, vous nous avez répondu en commission des Finances que nous sommes encore très, très loin de devenir un désert médical.

Mais nous pouvons déjà anticiper les conclusions de l’étude qui sera faite.


L’âge moyen des professionnels de santé boulonnais est en constante augmentation, et l’implantation de cabinets médicaux en ville est de plus en plus difficile, notamment à cause des prix de l’immobilier.


Face à cette situation, il y a évidemment un besoin d’action des pouvoirs publics. Cependant, il convient aussi de s’appuyer sur les médecins et de soutenir leurs initiatives – j’y reviendrai dans un deuxième temps.


Concernant l’action des pouvoirs publics, cette délibération arrive bien tardivement, mais je ne reviendrai pas sur cet aspect déjà abordé.

D’ailleurs, j’étais le seul candidat pendant la campagne électorale a expliquer la nécessité de travailler avec l’Ordre des médecins et avec l’Union régionale des professionnels de santé pour établir ce diagnostic et mettre en place des mesures afin de renforcer la médecine de ville, lutter contre la désertification médicale qui est en cours depuis bien longtemps, et de rapprocher la médecine de ville avec la médecine hospitalière.



Je crois d’ailleurs qu’il est fondamental de déplacer ou de créer une antenne de la Maison médicale de garde au sein de l’hôpital Ambroise Paré. Je ne comprends pas comment vous n’arrivez pas à imposer cette installation, puisque vous siégez au Conseil de surveillance de cet hôpital, et que cette mesure aura un impact direct sur le désengorgement des urgences, puisque le ou les médecin (s) généraliste (s) opéreront un filtre utile à l’entrée des urgences.


Par ailleurs, les pouvoirs publics et la Mairie peuvent aussi créer des Maisons de santé reprenant le modèle de ce qui est réalisé en zone rurale, sachant qu’il existe quantité d’autres mesures possibles. Comme je le disais, nous n’arriverons pas à résoudre ce problème sans le concours des médecins. Je vous en donne un exemple. Je ne sais pas si notre collègue le docteur ROCHER recevait des externes et des internes dans son cabinet, mais je sais que certains médecins de la Ville, notamment généralistes, accueillent des étudiants en médecine et les forment. Ils leur donnent le goût de la médecine de ville et certains de ces étudiants, une fois en capacité d’exercer, font le choix d’intégrer les cabinets médicaux de notre ville.


Aussi, et comme il est très important d’associer tous les acteurs du territoire, nous voterons cette délibération, en espérant que des solutions concrètes soient apportées dans les tous prochains mois.

Bien évidemment, nous ne rattraperons malheureusement pas le temps perdu. Néanmoins, il y a encore bien des leviers à activer pour limiter la désertification médicale, qui a bel et bien – et le souligne – commencé dans notre ville.

Enfin, nous espérons être associés aux travaux et aux discussions sur ce sujet si important pour nos concitoyens et pour l’attractivité de notre ville. Je vous remercie."

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